La recherche oncogénétique – 2ème partie

La recherche oncogénétique – 2ème partie

[1ère partie dans l’article précédent]

Fin septembre 2020. Enfin, le RDV à l’oncopole pour poursuivre la recherche oncogénétique – 5 mois et demi après le premier contact avec l’équipe, et presque un an pile après l’annonce du cancer. 

Je m’étais imaginé qu’on ferait une simple prise de sang à C. et qu’on serait sortis. Loin de là. La conseillère en oncogénétique, Mme T., était très à l’écoute et bienveillante. C. et moi avions tant de questions : toutes celles auxquelles, pendant un an, on nous avait répondu « on ne sait pas ». Mme T. ne disait pas simplement « je ne sais pas ». Elle expliquait d’abord tout ce qu’elle savait, avec patience et pédagogie, et ce qu’elle savait nous a apporté plus de réponses que tout ce que nous avions réussi à apprendre jusqu’ici. 

C.  a commencé par LA question qui le taraudait depuis 359 jours : si ce n’est pas un facteur génétique, d’où vient ce cancer ? 

Les causes du cancer sont multifactorielles, un cancer n’est pas causé par une seule chose. Le cancer du côlon est en général causé par l’alimentation, par exemple un excès de viande rouge, surtout la viande rouge bien cuite (donc, pas vraiment plausible pour C. qui est végétarien la grande majorité du temps). Tous les cancers peuvent être dus à du stress chronique important. Plusieurs fois au cours de la consultation, Mme T. nous a répété que la médecine occidentale n’est aujourd’hui pas en mesure de donner beaucoup de réponses sur ce qui cause réellement les cancers. Elle nous a conseillé de nous tourner vers des médecines ancestrales et traditionnelles, comme en Inde, en Chine ou au Japon. D’après elle, ces pays traitent les maladies différemment, car ils considèrent le corps dans son ensemble. La médecine occidentale, elle, segmente tout. 

A une autre question de C., Mme T.  répondit que de plus en plus de cancers sont diagnostiqués chaque année, sur une population de plus en plus jeune. Malheureusement, aucune preuve scientifique ne peut venir prouver ou réfuter les nombreuses théories, par manque de moyens : les industries agroalimentaires et pharmaceutiques ne soutiennent pas les recherches qui pourraient prouver que tel type d’alimentation est nocif, que telle maladie pourrait être évitée avec un autre comportement, et n’aurait pas besoin de médicaments pour être soignée… 

Bien sûr, nous avons également parlé de la recherche oncogénétique en elle-même. La prise de sang servirait donc à étudier si C. était porteur d’un gène du cancer du côlon. Personne jusqu’ici ne nous avait vraiment expliqué ce que ça pouvait bien dire. Mme T. nous dit qu’il y a deux choses à prendre en considération dans la recherche de la cause du cancer de C.

1) c’est le syndrome de Lynch. Ce syndrome, c’est ce qu’on recherche en premier lorsqu’une personne développe un cancer du côlon très jeune. Le syndrome de Lynch, c’est globalement la cause héréditaire du cancer du côlon. C. ne l’avait probablement pas, sinon, cela se serait déjà vu aux analyses de la tumeur. Ceci étant, il arrive parfois, mais très rarement, que le syndrome ne se soit pas vu aux analyses : dans ce cas, il se verrait avec la recherche ADN. C’était donc une des pistes qui serait explorée pendant cette recherche.

2) la polypose : une affection héréditaire, qui cause la multiplication de polypes dans le côlon. Statistiquement, comme il y a plus de polypes que chez une personne sans polypose, ces polypes ont plus de risques de se transformer en cellules cancéreuses. La polypose peut donc être une autre cause héréditaire du cancer du côlon. La bonne nouvelle, c’est que l’analyse de la tumeur n’avait pas montré de polypose.

Considérant que C. n’avait sûrement pas de syndrome de Lynch, ni de polypose, et qu’il est le tout premier cas de cancer du côlon dans sa famille, les probabilités pour que la cause soit génétique étaient très faibles.

Si après la recherche ADN, effectuée grâce à la prise de sang, la cause génétique était totalement écartée, c’était une bonne nouvelle multiple : le cancer n’aurait que peu de risques de revenir, car il n’est pas dû à un gène défectueux, par conséquent le suivi de C. serait moins lourd, et sa famille n’était également pas à risques. En gros, Mme T. nous a annoncé des nouvelles rassurantes !

Si, en revanche, contre toute attente, on découvrait une cause génétique, ce serait une autre paire de manche. Le suivi de C.  et de toute sa famille serait plus lourd, plus long, plus fréquent, et notre futur enfant serait potentiellement à risque.

Par curiosité, j’ai demandé si le gène du cancer était un « gène du cancer du côlon » ou un « gène du cancer d’une manière générale ». Si le cancer de C. était héréditaire, est-ce que ce serait seulement celui du côlon, ou est-ce qu’il pourrait avoir n’importe quel cancer ? Mme T. m’a dit que chez les femmes, le gène en question pouvait aussi causer des tumeurs de la peau, mais pas forcément cancéreuses, ou bien des cancers des ovaires et de l’utérus. Chez les hommes, le gène peut causer un cancer de la prostate. Et chez les hommes comme les femmes, un autre cas plus rare est de développer un cancer au cerveau. « Très très rare » m’a-t-elle dit. Ah, chère Madame, si vous saviez comme j’appréhende de plus en plus les cas très, très rares ! 

On était maintenant fin septembre 2020. Et on a attendu…

3 réflexions sur “La recherche oncogénétique – 2ème partie

    1. Coucou Aurélie ! Merci pour ton commentaire 🙂
      Oui ça va très bien ! Je publie en coup de vent sur le blog car je suis plutôt présente sur instagram, donc j’ai un sacré retard sur ton blog… J’essaierai de rattraper ça mais en attendant, j’espère que tu vas bien !
      A très bientôt 🙂
      Anousha

      Aimé par 1 personne

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